mercredi 14 juin 2017

Christine Bedel. Le souffle et la voix







« Beaucoup de gens n’aiment pas leur voix. Douce, ferme, sonore, hésitante, policée, fragile, la voix dit tout de l'être. La mienne m'échappait et montait dans les aigus sous l'effet du stress. J'avais une respiration de survie, haut placée, incontrôlable. Je me sentais mal dans ma voix. »

C’est en rencontrant un « professeur de voix » en la personne de Serge Wilfart, inventeur de la Pneumaphonie, que Christine Bedel a trouvé un sésame ouvrant un passage inédit. Le chemin d’une respiration mieux placée et plus ample. Solutionnant sa problématique, elle a poussé la recherche jusqu’à se former pour devenir elle-même enseignante de cette technique particulière. Elle exerce à Quimper.


« La voix est plus présente dans le corps et porte davantage, décrit-elle. Ce n’est pas du chant, c’est une exploration ou une remise en route de l’instrument-voix défaillant, et donc aussi une recherche du mieux-être dans un partage bienveillant, sans aucun jugement.»


La vidéo ci-dessous vaut mieux qu’un grand discours

https://www.youtube.com/watch?v=rcBsI5hunwI&feature=youtu.be

« La voix constitue à la fois un symptôme et un instrument d’évolution intérieure, par le rapport privilégié qu’elle entretient avec l’Etre que nous sommes… » évoque Serge Wilfart en 4è de couverture de son livre « Le chant de l’Etre » (Albin Michel).


Ø  Contact : 06 99 22 67 46 – christine.bedel@orange.fr

dimanche 22 janvier 2017

Djo. Je suis un individualiste



Djo est un ami de longue date.
Fâché avec les réseaux sociaux.
C'est pourquoi il a pris la peine de m'adresser une vraie carte de voeux, qu'il a timbrée et postée.
Je la partage avec vous.
Djo est un individualiste...







jeudi 1 décembre 2016

Samu Social. La maraude de mardi soir









21h30 mardi soir 29 novembre 2016. Il fait deux degrés au thermomètre sous le porche de l’église de Locmaria, à Quimper. Deux hommes et une femme s’apprêtent à y passer la nuit. Ils sont rejoints par un routard à vélo. Très discrètement des particuliers viennent juste de leur apporter des vêtements, une bouillote d’eau chaude, quand arrive à son tour un fourgon de la Croix Rouge Française. C’est l’équipe du Samu Social. 

Ils sont six, quatre femmes et deux hommes, -dont Hervé, chef d’équipe-, qui se déploient immédiatement pour saluer, réconforter, puis installer une table pliante où sont disposés les ingrédients d’une collation. Une soupe chaude offerte par le CCAS de Quimper, des viennoiseries, des sandwiches invendus remis par une boulangerie du Chapeau Rouge, des produits de la Banque Alimentaire du Finistère. Avant Locmaria, la maraude avait commencé place St Corentin, où l’attendait 33 personnes. Elle s’achèvera à la gare routière auprès de 10 autres habitués de la tournée, qui aura apporté « un peu de soulagement à 47 personnes au total, écrasées par la misère ». Outre les aliments, l’équipe a distribué ce soir 3 sacs de couchage, 5 couvertures, 2 couettes, des gants, des bonnets, des écharpes. 

Le chef d’équipe fait également le point sur les possibilités d’hébergement. « En appelant le 115, constate-t-il, il n’y avait pas de place disponible ce mardi soir à l’Hôtel Social qui comporte 20 lits. Nous sommes en alerte de niveau 1. L’obligation d’hébergement prend vigueur seulement en alerte de niveau 2 décidée par le préfet au vu de plusieurs critères, dont les conditions météorologiques. »

La maraude remballe. Les feux du fourgon disparaissent à l’angle de la rue. Le calme revient sur la place. Reste la lumière blafarde de l’éclairage public. La nuit s’installe. Elle sera longue…

mardi 20 septembre 2016

Dominique Franchet. L'humain au cœur du métier








C'est à Sillé Le Guillaume, où il enseignait l'anglais dans les années 80, que Dominique Franchet, a connu le déclic pour devenir conseiller principal d'éducation, au contact de Jean-Pierre Laurat, un CPE d'une qualité humaine hors pair.

« Vu les questions que tu poses au système, il ne faut pas que tu restes à la salle des profs ! », lui glissait celui qu'il désigne comme son mentor. Le temps a vite passé. Depuis 1er septembre 2016, l'ex CPE du collège La Tourelle, à Quimper, est en retraite. Un vrai déchirement pour celui qui a placé l'humain au cœur de son métier.

Dominique Franchet se remémore, deux mois plus tôt, ce vendredi 1er juillet.

Par une méga haie d'honneur surprise, 200 anciens élèves du collège, mobilisés sur les réseaux sociaux, manifestent leur sympathie à Dom, leur conseiller principal d'éducation au grand cœur.
Etait là, applaudissant, aligné avec d'autres, Elouen qui a quitté le collège en 2010 et s'apprête à commencer à Londres une école de musique : « C'est la personne au collège qui m'a le plus marqué. Il était là pour que tout aille bien. Toujours cool avec tout le monde ! ». Etait là aussi Lisa, partie en 2007, étudiante en licence de gestion des Relations Humaines : « Il était proche de nous et se décarcassait pour que tout se passe bien. ». Et combien d'autres ravis de faire craquer Dom, sidéré, stupéfait, marchant entre élèves, parents et amis, comme un somnanbule, les mains sur le visage pour contenir son émotion. Puis n'y tenant plus, hébété, Dom craque sur une épaule secourable. Avant d'être réconforté, à tour de rôle, par les uns et les autres....

Visiblement très touché par tant de sympathie, Dom ne s'y attendait pas ! Le secret avait été bien gardé...






Son credo ? « Mettre au point des pratiques en profitant des espaces de liberté que permettent les textes. L'autonomie des établissements rend possible la prise d'initiative ! » insiste-t-il. Et aussi : « J'ai beaucoup appris des élèves. Le plus souvent, les conduites rebelles sont l'expression d'une peur ou d'un mal être plus qu'un manque de respect pour les personnes ou l'institution...»

A ceux qu'il appelle ses « canards boiteux » ou les « 4 ou 5 cauchemars de salle des profs », Dominique Franchet tient un langage de vérité et les invite à se projeter : « Ce que tu seras quand tu auras 30 ans, c'est maintenant que tu le choisis ! ».
Et de poursuivre : « Les jeunes ont besoin de trouver du sens. Mais pour communiquer avec eux, il faut poser une parole crédible. Si on propose à un ado un modèle parfait, il ne peut pas y adhérer !  Je suis un vieux crabe qui apprend aux petits crabes à avancer. Et parfois moi aussi -oups- je suis tombé...»

Le plus touchant de l'aventure, ce sont les messages de remerciement que Dom reçoit d'élèves qu'il a aidés. « Je n'aime pas punir. C'est nécessaire quand la ligne jaune a été franchie. Mais si on n'aime pas les gosses, dit-il, on ne peut pas les amener très loin ! A l'inverse si on est ouvert, on les invite à s'ouvrir. Un homme ne vaut que ce qu'il donne ! »

dimanche 13 mars 2016

Pierre Berthelot. L'arbre et l'homme









13 membres du Bonsaï Club de Cornouaille ont participé, les 11 et 12 mars 2016, au Centre des Abeilles à Quimper, à un stage animé par Jean Croizer et Pierre Berthelot, du club de Lorient.
Pierre Berthelot raconte sa passion.

Comment le bonsaï et l'homme vivent-ils ensemble ?

Les bonsaïs vieillissent et nous aussi. C'est un peu existentiel, ça non ? De toute façon, on n'est jamais propriétaire d'un arbre. Au bout d'un moment, on sait qu'on passera la main. Donc aux générations futures d'entretenir. Au Japon, où les arbres sont devenus tellement chers, les gens n'arrivent plus à payer le juste prix pour entretenir le patrimoine. Certains arbres n'ont même pas le droit de sortir du pays. Ils sont classés Masterpieces. Il faut une autorisation comme pour sortir la Joconde de France.

Est-ce qu'avec un de vos arbres vous avez une histoire un peu particulière ?

Non, pas particulièrement. Je ne parle pas à mes arbres. Il faut se rassurer. Pas encore ! On a parfois des préférences, selon les essences, les espèces. Au bout d'un moment, on a tellement d'arbres qu'on ne peut pas prodiguer les soins nécessaires à chacun. Alors, on arrive à en négliger certains. Et c'est pour ça, quand j'ai des arbres un peu aboutis qui sont en doublons, je m'en dessaisis. J'essaie de les vendre dans mon club. Je sais qu'ils sont en bonnes mains. Et j'ai plaisir à les revoir. Je les ai un peu par procuration et je garde toujours un œil dessus ! C'est des œuvres d'art si on veut, mais ce n'est pas des placements financiers...

samedi 27 février 2016

Thierry Pardo. Les conditions de l'apprentissage


Thierry Pardo, titulaire d’un doctorat en éducation, éduque ses deux enfants en dehors de l’école. Spécialiste des alternatives éducatives, il parcourt le monde en famille pour présenter les apports d’une posture libertaire. Auteur et conférencier, il est également chercheur indépendant associé à l’Université du Québec à Montréal. 
 




 


En marge de sa conférence organisée, vendredi 27 février, à la maison des associations à Quimper par l'association Les Semeurs d'Ecole , l'auteur de « Une éducation sans école », précise sa vision de la notion d'apprentissage.


Quelle répartition des rôles faites-vous entre éducation et enseignement ?

L'école a tendance à penser que les apprentissages dépendent de l'enseignement. Pas mal de gens qui se sont penchés sur la question ont constaté que non seulement l'enseignement ne produit pas d'apprentissage, mais la plupart du temps il l'empêche. Je pourrai citer Confucius qui disait que plus le maître enseigne moins l'élève apprend.

Et le rôle des parents ?

Le rôle des parents, c'est de fournir l'environnement dans lequel les apprentissages sont possibles, dans une logique « Je donne les conditions, je fournis le terrain pour que la graine éclose et fleurisse ». Je suis professeur d'aïkido, discipline extrêmement complexe. Je ne peux pas vous la télécharger. Je peux juste vous fournir l'environnement qui va vous permettre de l'apprendre. Je ne peux pas vous enseigner la complexité. Les apprentissages sont de la responsabilité de l'apprenant.

Le rôle des parents est aussi de poser des limites, non ?

Prenez un enfant turbulent, pas concentré. Si vous lui donnez à tenir la bride d'un cheval, la limite il va la trouver immédiatement. Mon fils de 9 ans n'est pas un enfant obéissant. Mais quand il pratique le karting, il ne fait pas n'importe quoi. Les limites lui sont données par l'environnement.

Vous savez faire. Mais tout le monde n'est pas docteur en éducation..

Il n'y a pas de diplôme de parent. J'ai théorisé ces choses-là, mais un tas de gens fonctionnent très bien sans les avoir théorisées. La vérité est dans la diversité. On a un problème de diversité dans l'aventure scolaire, parce que l'aventure éducative est diverse. Or on ne met pas en question les quatre murs, l'assignation à une chaise, le programme, le calendrier, les jeux de pouvoir...
Un enfant de 8/10 ans, la dernière chose qu'il veut faire, c'est aller s'asseoir 8h par jour sur une chaise. Je ne comprends pas que ce qu'on a trouvé de mieux pour élever nos enfants, c'est cet enfermement-là !

Existe-t-il des alternatives ?

Oui, il y a des écoles alternatives, démocratiques. On va pousser les murs. Cela correspond à des choix de vie. Et parents et enfants s'y retrouvent.

lundi 14 septembre 2015

Sébastien Guiziou. Curé de Quimper rive gauche

Sébastien Guiziou, 42 ans, né à Loctudy, est depuis le 6 septembre, le nouveau curé de l'ensemble paroissial Quimper Rive Gauche. « Un Bigouden chez les Glaziks, disent mes paroissiens ! », s'amuse-t-il. Après une scolarité en élémentaire à Loctudy, puis au secondaire à St Gabriel de Pont l'Abbé, il entre à 18 ans au séminaire de Vannes, pour deux années. 






   

 

Bagad de Lann-Bihoué, musicologie,...



« Puis j'ai fait, énumère-t-il, mon service militaire dans le bagad de Lann-Bihoué, où je jouais du clavier pour les concerts en salle, car je suis organiste et pianiste et je donnais aussi un coup de main aux percussions. Ce fut une belle expérience de groupe avec les musiciens, et dans le monde de la culture bretonne que j'aime bien. Très belle expérience aussi avec des jeunes de mon âge qui n'étaient pas croyants. Moi j'avais la foi, ça a permis des discussions intéressantes. Puis une licence de musicologie à la fac de Rennes. Je logeais en cité U. » 



Théologie, paroisse, enseignement



Sébastien Guiziou a ensuite achevé sa formation par une maîtrise de théologie, incluant un parcours de liturgie à Paris.

« Ordonné prêtre le 1er juillet 2001 à la cathédrale de Quimper, j'ai été nommé, poursuit-il, à Morlaix où je m'occupais des jeunes. J'y suis resté 7 ans, avant de rejoindre la paroisse de Brest Centre pour un an. Puis j'ai participé pendant 6 ans, jusqu'en juin dernier, au Séminaire de Rennes, à la formation des futurs prêtres. Je participe toujours à la formation liturgique des laïcs dans le Finistère.

Très officiellement installé dans ses fonctions dimanche 6 septembre à l'église ND de Locmaria de Quimper, le nouveau curé raconte la rencontre avec les fidèles : « J'ai vécu un moment très fort. Il y avait beaucoup de monde dans l'église. J'ai été très bien reçu et entouré par les paroissiens, heureux d'accueillir leur nouveau pasteur. C'est important. On se sent tout de suite attendu, soutenu ! »